Moussa TINE de Pencoo : «La subdivision ne s’arrêtera pas à Keur Massar»

Moussa TINE de Pencoo : «La subdivision ne s’arrêtera pas à Keur Massar»

L’argument avancé par le régime en place pour proposer le redécoupage administratif de la région de Dakar ne tiendrait pas la route, mais répondrait plutôt à une logique politicienne. C’est l’avis du président de l’Alliance démocratique Pencoo, Moussa Tine qui, invité à l’émission Objection de la radio Sud Fm, hier dimanche 9 mai, révèle que le projet de subdivision viserait aussi le département de Dakar.

Avec le projet de redécoupage administratif de la région de Dakar, avec comme conséquences la départementalisation de Keur Massar, mais aussi la subdivision de Bambilor, le régime en place serait en train d’avancer à pas feutrés vers un autre objectif. Ou du moins, le président de l’Alliance démocratique Pencoo ne gobe pas l’argument avancé par les tenants du pouvoir, à savoir le rapprochement des citoyens de l’administration et la rectification d’une incohérence territoriale. Invité à l’émission politique Objection de la radio privée, Sud Fm, Moussa Tine dit soupçonner la poursuite du redécoupage dans d’autres localités. A son avis, «de ce que nous savons, des rumeurs que nous avons, la subdivision ne s’arrêtera pas à Keur Massar. Dakar est aussi visé». Ainsi donc, le juriste politique botte en touche les raisons avancées par le régime pour procéder au détachement de 5 villages de la commune de Bambilor pour les administrer à Sangalkam. Il trouve d’ailleurs que «le justificatif n’est vertueux».

En effet, Moussa Tine parle de technique de “Gerrymandering“. «C’est-à-dire, vous faites un découpage en fonction des intérêts électoraux. C’est très connu aux Etats unis. Vous regardez dans quelle zone je suis très fort, dans telle autre je suis très faible, vous mettez la zone où vous êtes très forts avec celle où vous êtes faibles. De telle sorte que vous finissez par faire un découpage au plan local qui fait que vous remportez l’ensemble des circonscriptions électorales», explique-t-il. En réalité, le “Gerrymandering“ est une stratégie de découpage électoral partisan, pratiquée aux Etats unis qui consiste à découper les districts électoraux de manière à regrouper le nombre de votes de ceux qui sont perçus comme opposants, à l’intérieur d’un nombre restreint de districts où le parti au pouvoir va perdre dans une forte proportion, mais où il va gagner par de petites majorités ailleurs, dans un plus grand nombre de districts.

Par conséquent, Moussa Tine, membre de la coalition Taxawu Senegaal reste persuadé que les soubassements sont purement «politiciens», non sans estimer que les intérêts du ministre des Collectivités territoriales s’opposent à ses fonctions de maire de Sangalkam, dans le découpage effectué à Bambilor. «La personne qui le fait n’est pas la bonne personne. Il y a un conflit d’intérêt. Le ministre luimême (Oumar Gueye) commence par sa propre zone. Il est (maire) de Sangalkam, il a des adversaires politiques, aussi bien au niveau de son parti qu’à l’extérieur», déplore-t-il. Rappelant par ailleurs l’idée des Assises nationales, M. Tine trouve que ce ne sont pas avec les petites entités qu’on peut développer le pays, mais plutôt les grands ensembles.

A l’image des 6 branches qu’il y a sur l’emblème de Pencoo, il explique «que nous avons au Sénégal 6 zones éco-géographiques : la Casamance, la région Orientale, le Fouta, le Ferlo, le Bassin arachidier, et le centre administratif Ouest. On voulait impulser le développement de ce pays, à partir de ces zones». Donc, il pense anormal qu’on continue de subdiviser en de petites localités Dakar qui ne représente que 0,2% du territoire national.

MOUSSA TINE SUR UNE POSSIBLE ALLIANCE DE L’OPPOSITION AUX PROCHAINES JOUTES : «Nous nous sommes accordés sur les principes…»

Que la majorité présidentielle se le tienne pour dit ! Pour les prochaines joutes électorales, notamment les élections locales et législatives, elle aura en face d’elle une grande coalition de l’opposition. L’annonce est faite par le président de l’Alliance démocratique Pencoo, Moussa Tine, qui révèle, lors de l’émission Objection de Sud Fm d’hier, dimanche 9 mai, que les discussions avancent dans ce sens. «Les discussions sont entamées, elles continuent. Sur les principes, nous avons tous conscience de cette nécessité et nous nous sommes accordés sur les principes à aller vers cette coalition-là», a indiqué le juriste politique qui a interpellé ses camarades de l’opposition sur la nécessité de taire les intérêts partisans. Il dira à cet effet, qu’«il est une responsabilité historique pour Taxawu Senegaal, pour Pastef, pour toute l’opposition de parvenir à mettre en place une coalition aussi bien pour les locales que pour les législatives». Il invite les uns et les autres à apprendre à transcender les intérêts personnels et partisans par devoir à ceux qui sont morts lors des événements, à la liberté d’expression, à l’indépendance de la justice, à la redistribution équitable des ressources du pays, etc.

FLOU ENTRETENU SUR LE TROISIEME MANDAT : «Rester crédible aux yeux des institutions de prêt», selon Tine

Le flou entretenu sur la troisième candidature du président Macky Sall, en 2024, serait fait non pas pour éviter un interminable débat, mais plutôt pour des raisons toutes autres. C’est le président de l’Alliance démocratique Pencoo, Moussa Tine qui trouve que «tout l’enjeu du pouvoir actuel, c’est de garder ce suspens-là, pour rester dans la posture de celui qui sera là audelà de 2024, de sorte à être un débiteur crédible aux yeux des institutions de prêt». D’où, selon l’invité de l’émission Objection de Sud Fm, la création de conditions pour qu’il n’y ait pas d’élections avant 2024. La crainte, à son avis, c’est de perdre les élections locales et législatives, avec comme conséquence la fuite des interlocuteurs qui détiennent la manne financière et qui acceptent de prêter de l’argent au Sénégal. M. Tine révèle, en outre, que les premières ressources du pétrole vont aider à payer les dettes contractées par le président Macky Sall. Parce que les emprunts ne se font pas, à l’en croire, sur la base des résultats économiques, mais sur des ressources futures qui seront tirées du pétrole.

Par JEAN Michel DIATTA

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