Migrants: l’Union européenne aux premières loges de la réunion de Calais

Migrants: l’Union européenne aux premières loges de la réunion de Calais

Depuis la lettre à Emmanuel Macron rendue publique par Boris Johnson, les Britanniques, « pas sérieux », ont été désinvités par la France de la réunion de coordination proposée à Calais après la mort de migrants qui avaient tenté de franchir la Manche. Le ministre britannique de l’Intérieur ne sera pas là, mais son homologue français attend à 15 heures à la mairie de la ville ses partenaires belge, néerlandais et allemand, ainsi que la commissaire européenne aux Affaires intérieures.

La commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson sera accompagnée des directeurs d’Europol et de Frontex, une invitation qui leur a été faite après l’entretien de la Suédoise, jeudi, avec Gérard Darmanin. Le ministre de l’Intérieur et la commissaire ont évoqué à cette occasion trois axes qui intéressent particulièrement l’Union européenne.

Les décisions opérationnelles seront prises par les quatre pays, explique notre correspondant à Bruxelles,Pierre Benazet. Mais l’UE devrait proposer son soutien pour le combat contre les réseaux et les filières des passeurs, pour l’augmentation de la coopération policière et de l’échange d’informations. Enfin l’Union européenne devrait aussi aider pour la protection et la surveillance de ce qui est désormais devenu une frontière extérieure.

D’où la présence du directeur de Frontex, puisque les frontières extérieures de l’UE sont le terrain d’action de l’agence européenne de garde-côtes et de gardes-frontières.

De son côté, le commissaire européen chargé de coordonner les questions migratoires, Margaritis Schinas, estime qu’il est grand temps que le Royaume-Uni prenne enfin ses responsabilités. Il lui revient de résoudre ses problèmes relatifs à l’afflux de migrants et d’organiser lui-même le contrôle de ses frontières.

Situation difficile pour les migrants sur le terrain

Alors que l’hiver approche, de nombreux exilés veulent encore traverser la Manche, même si la mer est mauvaise. Ils sont prêts à prendre tous les risques, notamment pour échapper à des conditions de vie très dégradées, rapporte notre envoyée spéciale à Calais, Juliette Gheerbrant. Ce vendredi 26 novembre, il y a eu sept opérations d’évacuation et de confiscation des biens à Calais.

Laurine Chabal, fait partie du groupe d’observateurs des droits humains HRO. L’association documente les opérations : « Quotidiennement, les forces de l’ordre vont se rendre sur les lieux de pour prendre un maximum de tentes, de duvets, de couvertures. L’objectif de l’État, c’est que les personnes ne restent pas sur les lieux de vie […] Certaines fois, les personnes n’ont pas le droit de récupérer leurs affaires. Elles sont escortées en dehors du périmètre et donc là, les personnes de nettoyage mandatées par l’État va prendre les tentes et tout ce qui traine. Et donc les tentes peuvent être pleines et pleine d’effets personnels. »

Chaque jour, ils essayent de faire un peu ce que l’État devrait faire : apporter de l’eau à des gens qui sont dans des campements, […] apporter des premiers secours aux personnes rescapées. Ce sont des bénévoles qui les amènent à l’hôpital, ce sont des bénévoles qui font tout en fait.

Louise Druelle: À Calais, « Ce sont des bénévoles qui font tout »

Selon le gouvernement les migrants sont mis à l’abri. Laurine Chabal dément : « La plupart des expulsions à Calais sont faites sans mises à l’abri concomitantes donc les gens sont condamnés à l’errance. » Parfois les migrants sont emmenés dans des centres d’accueil et d’examen,  où ils peuvent faire une demande d’asile. Mais, que ce soit parce qu’ils veulent rejoindre des proches au royaume uni ou craignent d’être renvoyés dans un autre pays de l’UE, la plupart reviennent sur la côte.

 

RFI

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